Intervention sur la délibération relative à la mise en place des Maisons Régionales de Santé

Publié le par Luc LEANDRI

Intervention en séance plénière du vendredi 18 Février 2011

 

 

Monsieur le Président,

Cher(e)s collègues,

 

 

La délibération proposée instaurant le cadre d’intervention des Maisons Régionales de Santé correspond à la mise en place d’un de nos engagements forts du second tour des dernières élections régionales.

A l’heure où près d’un français sur 3 renoncent à se soigner, faute de moyens, elle s’inscrit dans les politiques volontaristes engagées par notre collectivité et développe pour principal objectif d’œuvrer à l’égalité d’accès aux soins pour nos concitoyens, objectif que nous partageons totalement.

 

Pour autant, il est utile et nécessaire, de rappeler, dans ce débat que les questions de santé relèvent quasi-exclusivement de la compétence de l’Etat ; et qu’il est, pour notre groupe, hors de question de pallier le désengagement constant organisé par le gouvernement actuel dans le domaine de la santé publique privilégiant une absurde logique comptable à une logique humaine et sanitaire d’égal accès à des soins de qualité.

Je ne m’étendrai pas sur le terrible saccage des politiques et des outils de santé publique organisé par la législation sur la tarification autrement dit T2A qui s’applique depuis 2007…

Nous ne comptons plus les fermetures de services voire d’établissements hospitaliers, notre assemblée régionale a d’ailleurs voté un vœu visant à pérenniser le service de la Maternité de La Seyne sur Mer, je pourrais aussi citer les fermetures annoncées à l’Hôpital de Manosque dont les élus, les salariés, soutenus par la population ont manifesté, il y a quelques semaines devant l’Agence Régionale de Santé, ou encore, hier, toujours devant les portes de l’ARS, le mouvement des représentants et usagers des centres médicaux mutualistes dont l’activité est gravement remise en cause…

 

Dans ce contexte, notre marge de manœuvre était restreinte pour la mise en place des Maisons Régionales de Santé, pour conserver la spécificité de notre intervention en lien avec nos autres politiques volontaristes, sans pallier les désengagement de l’Etat d’autant plus que le gouvernement a créé par la loi Hôpital, Patients, Santé, Territoire, le nouveau gadget des Maisons de Santé Pluridisciplinaire et je tenais à saluer le travail de qualité de concertation et d’échanges réalisé sur cette difficile question avec mes collègues Ladislas Polsky et Anne-Marie HAUTANT.

 

L’appel à projet lancé décomposé en 3 niveaux de financement répond à notre sens, à ces impératifs.

 

Sur le 1er niveau qui reprend des critères communs au MSP, nous ne sommes pas liés aux orientations et choix de l’ARS sur la création des MSP, bien qu’inscrit pour partie au Contrat de Projet Etat Région, et nous conservons une totale autonomie dans el choix des projets à soutenir et nous fléchons clairement les territoires sur lesquels nous soutiendrons l’émergence de Maisons Régionales de Santé à savoir les déserts médicaux, en milieu rural ou péri-urbain. Et en aucun cas surtout, nous soutiendrons l’émergence de telles structures sur des territoires ayant subi des amputations de services hospitaliers ou mutualistes.

 

Sur le second niveau d’intervention, qui affirme la spécificité des politiques volontaristes régionales, nous sommes particulièrement satisfaits de l’intégration aux critères de financement de la création d’un conseil des usagers au sein des Maisons Régionales de la Santé.

A l’heure des états généraux de la Démocratie organisés par notre collectivité, il nous semblait indispensable que les usagers soient pleinement associés à la vie et au fonctionnement de ces structures et nous nous félicitons que notre proposition ait été ainsi retenue.

 

Nous sommes tout aussi satisfaits de l’intégration des centres de santé mutualiste aux possibles porteurs de ce type de projet. Ces structures jouent un rôle majeur sur nombre de territoire de notre région pour favoriser justement l’égal accès à la médecine ambulatoire, notamment en direction des populations les plus fragilisées.

 

L’ambition portée pour les Maisons Régionales de Santé sera aussi, à mon sens, de soutenir le développement de coopération sanitaires et sociales pour les personnes dépendantes, âgées et/ou handicapées. En effet, aujourd’hui, les patients dépendants quittant l’hôpital public et leurs familles se retrouvent trop souvent bien esseulés pour organiser l’accompagnement à domicile, voire travailler par la suite à la transition entre domicile et établissement (EHPAD, maisons de retraite, établissements spécialisés…). En travaillant aux liens et à la synergie entre l’Hôpital public, les différents intervenants médicaux, les services sociaux et les structures de service à la personne du territoire, la MRS, par son caractère pluridisciplinaire peut devenir le pivot construire de réelles coopérations entre ces entités visant à garantir la meilleure qualité de prise en charge des personnes dépendantes au domicile et vers l’établissement.

 

Pour l’ensemble de ces raisons, nous voterons favorablement cette délibération.

 

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