Marine et la concurrence loyale...

Publié le par Luc LEANDRI

Voilà bien longtemps que je n’ai pas pris le temps d’écrire sur la toile… la faute à cette damnée fuite du temps qui ces dernières semaines m’a donné l’impression de s’accélérer entre la campagne des cantonales, ses résultats à analyser et ses conséquences, et l’animation du Parti de Gauche, le suivi des dossiers à la Région, l’engagement dans les mobilisations contre les gaz de schistes, pour la sortie progressive du nucléaire, ou pour le logement… sans oublier que j’ai conservé une vie professionnelle et tente de préserver une vie personnelle…

Pas le temps de me plaindre, tant les batailles menées, les rencontres réalisées sont passionnantes et instructives !

Je profite ainsi de ce voyage de retour du conseil national du Parti de Gauche que je partage entre repos et accouchement à l’écran de ces quelques lignes.

La lecture d’un article du Monde a aiguisé mon envie d’écrire et de partager mon point de vue. En effet, Marine Le Pen présentait à la presse spécialisée les grandes lignes de son programme économique, indispensable outil visant à crédibiliser sa démarche. Bien évidemment, elle axe son projet sur la sortie de l’euro, proposition démagogique et dangereuse ; pour vous en convaincre, je renvoie mon lecteur à la résolution du Parti de Gauche, votée à notre conseil national et rédigée par notre camarade et pédagogue économiste Jacques Généreux.

Mais ce sont plutôt les propos rapportés de la fille de son père qui font office de conclusion de l’article qui m’ont interpellé ; je cite « Nous ne remettons pas en cause l’économie de marché, ni les bienfaits de la concurrence, si elle est loyale ! ».

L’absence de remise en cause de l’économie de marché s’inscrit dans la tradition libérale et historique du Front National et confirme qu’elle ne constitue en rien l’organisation ou la candidature anti-système, comme elle aime à en donner l’image.

Mon intérêt s’est porté sur la dernière partie de sa formule à savoir « les bienfaits de la concurrence ». Comment quelqu’un qui parle et défend la notion d’Etat stratège et se pose en défenseur des services publics peut trouver des bienfaits à justement ce qui fut et demeure encore l’argument principal de la remise en cause et de la destructuration de nos services publics à savoir la mise en concurrence, chère à nos dogmatiques libéraux. C’est bien le double langage de l’extrême-droite française qui n’a jamais été, dans les faits, proche du salariat mais bien des oligarchies financières.

Mais plus encore, la qualification de cette concurrence par Marine Le Pen est extrêmement intéressante. En effet, elle croît utile d’ajouter que cette concurrence est bienfaitrice, si elle est loyale… Je me suis tout de suite enquis du sens du terme loyal : sincère, droit, franc… appliquer à la concurrence, cette terminologie me rappelle plutôt l’expression « concurrence libre et non faussée », ce credo largement vanté dans le Traité Constitutionnel Européen (TCE) largement rejeté par nos concitoyens en 2005.

Je porterai plus loin ma démonstration pour pointer que de multiples politiques nationales de soutien à l’agriculture, à diverses industries ou activités économiques mises en place par des gouvernements européennes sont régulièrement dénoncées voire remises en cause par la commission européenne, au prétexte qu’elles créeraient des distorsions dans la concurrence, et seraient génératrices de concurrence « déloyale ». Dans la droite ligne de l’argumentaire de Marine.

Au-delà des grands slogans démagogues de Marine Le Pen, le logiciel politique n’est pas très différent des libéraux européens ; elle confirme qu’elle n’est que le diable de confort de cette oligarchie dont elle partage les points de vue !

Front contre Front ! Programme contre programme telle doit être notre méthode pour convaincre les électeurs.

Ainsi, au Front de Gauche, au Parti de Gauche, nous affirmons frontalement notre opposition à cette concurrence à tous les échelons, entre les activités, les territoires, les hommes. Et justement, nous mènerons la bataille au niveau européen pour sortir les services publics de la marchandisation libérale et de cette pseudo concurrence loyale que nous imposent le Traité de Lisbonne en exigeant l’Opt-Out pour nos services publics à savoir que nous refuserions, d’appliquer, sur notre territoire, les normes européennes dans ce domaine, comme l’Angleterre l’a obtenu pour les maigres avancées sociales de l’Union Européenne…

 

Le Front de Gauche, justement parlons-en ! Il se renforce chaque jour ; les cantonales nous ont permis d’atteindre un seuil qualitatif, celui d’un score à 2 chiffres qui nous enracine à Gauche, dans le paysage politique. Je reviendrai prochainement sur l’analyse des résultats varois malheureusement en décalage complet à Gauche avec la donne nationale.

Ce week-end, un pas de plus vers des candidatures du Front de Gauche à la Présidentielle et aux Législatives a été réalisé. Dans le long processus de désignation du candidat à la présidentielle, la direction nationale du PCF a affirmé sa faveur pour Jean-Luc Mélenchon.

Il nous faut désormais démultiplier sur le terrain la constitution de comité du Front de Gauche sur des territoires, des thématiques, y accueillir de nouveaux partenaires tels que la FASE, les Alternatifs, et surtout nos concitoyens qui se retrouvent dans la dynamique du Front de Gauche, sans forcément adhérer formellement à nos organisations.

Les élections cantonales auront permis, dans certains coins, de développer des fraternités militantes sur lesquels doivent se construire les comités de Front de Gauche pour élargir le cercle de celles et ceux qui veulent construire, avec nous, une réelle alternative à Gauche.

C’est le sens de notre engagement !

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