Pour une politique régionale de la ville offensive et participative

Publié le par Luc LEANDRI

Voici mon intervention pour le groupe sur la délibération instaurant les Ateliers Régionaux de la Ville

 

Monsieur le Président,

Mes cher-e-s collègues,

 

 

Après le vote lors de notre dernière assemblée plénière d’un vœu demandant à l’Etat de tenir ses engagements financiers dans les CUCS, le groupe Front de Gauche se félicite de cette délibération qui ouvre une perspective nouvelle par la mise en place d’une véritable politique de la ville à l’échelle régionale.

 

La politique de la ville doit être un levier supplémentaire, un complément des politiques de droit commun en terme de logement, d'éducation, d'environnement. Elle doit permettre de les coordonner, les combiner et les renforcer pour faire face aux handicaps sociaux, culturels et économiques dont souffrent de nombreux espaces urbains. La politique de la ville est donc une politique de transition, qui doit permettre de rétablir l'égalité républicaine sur l'ensemble du territoire.

 

Or, depuis plusieurs années, avec des budgets constamment en baisse, avec l’abandon et le retrait des services publics de ces territoires, le gouvernement a progressivement renoncé à ses missions.

La crise qui continue de frapper notre pays et notre région, ont encore accentué la dégradation des conditions de vie des populations qui résident dans ces territoires urbains et aussi un sentiment bien légitime de relégation sociale et humaine, conduisant parfois aux embrasements de violence que nous avons connu ces dernières années.

La politique de la ville a été utilisée comme un supplétif : au lieu de venir renforcer des politiques sociales, économiques, éducatives déjà conséquentes, elle a permis de cacher le retrait de l'Etat et l'absence de réelles politiques publiques. Par ailleurs, elle s'est de plus en plus orientée vers la mise en place de politiques répressives.

 

Avec l’instauration des CUCS, la Région, partenaire affichée du dispositif, n’était que trop souvent reléguée qu’à un simple rôle de financier et non de co-constructeur de la politique territoriale.

 

Avec la mise en place des Ateliers Régionaux de la Ville (ARV), notre collectivité reprend la main, permettant ainsi de mieux coordonner l’ensemble de nos politiques et de nos interventions sur ces territoires.

De surcroît, nous sommes sensibles à la démarche visant à associer les partenaires et les grands réseaux associatifs, sportifs, culturels, d’éducation populaire.

Nous sommes donc satisfaits du cadre qui nous est aujourd’hui proposé.

Pour autant, nous demeurerons vigilants sur 3 aspects qui nous semblent incontournables à la réussite de notre projet :

1) la définition des territoires des Ateliers doit se réaliser dans la transparence avec les acteurs et dans la cohérence des besoins des territoires et de leurs habitants.

Ils ne doivent pas se superposer aux projets de territoires que nous dénonçons par ailleurs dans le cadre des commissions départementales de coopération intercommunale (CDCI).

Surtout, ils ne doivent pas recoller des intérêts électoraux et politiques mais bien correspondre aux attentes des acteurs du terrain, des actions engagées, et surtout aux besoins des populations concernées.

2) Alors même que notre collectivité a engagé des Etats Généraux de la Démocratie, il nous semble indispensable d’associer nos concitoyens, habitants de ces quartiers à notre démarche. L’intégration de partenaires institutionnels, mais aussi et surtout associatifs telle que le prévoit la délibération est indispensable mais la participation et l’intervention citoyennes à nos ateliers seront un élément déterminant à leur réussite et à la pleine et entière efficacité de nos politiques dans ces quartiers.

Nous serons extrêmement vigilants sur le caractère participatif et citoyen des ateliers.

3) Dans le même ordre d’idée, si nous sommes satisfaits de l’intégration aux ateliers des grands réseaux, nous seront tout autant attentifs à ce qu’ils ne fagocitent pas le dispositif et que le milieu associatif de proximité, les assos de quartier, soient, avec les habitants, les principaux porteurs des projets que nous soutiendrons.

 

Nous demeurerons vigilants sur ces aspects, et dans ce sens, vous pourrez compter sur le total investissement des élus du Front de Gauche à la mise en place et à la réussite de ces ateliers régionaux de la Ville.

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