Que les vrais « nantis » dégagent !!

Publié le par Luc LEANDRI

Après l’étranger, voici que la chasse au « pauvre » - qui ne serait qu’un profiteur du système - a été ouverte par les ministres et élus UMP ! Nouvel avatar de la politique de stigmatisation et de bouc-émissaire d’un gouvernement et de son président qui n’ont eu de cesse de ne favoriser que les riches… au détriment de l’immense majorité des français, salarié-e-s, précaires, retraité-e-s...

La polémique initiée par Laurent Wauquiez, devient encore plus abjecte dans le contexte où la majorité parlementaire et gouvernementale vient de réduire l’Impôt de Solidarité sur la Fortune (ISF) pour ceux de nos concitoyens qui disposeraient d’un patrimoine allant 0,8 à 1,3 millions d’euros…

Face à la barbarie de ce gouvernement, il nous faut en finir avec les fantasmes sur les bénéficiaires des minima sociaux, qui ne vivent pas mais survivent… le Revenu de Solidarité Active (RSA ou ex-RMI) n’est pas une allocation qui se cumulerait avec des dizaines d’autres, c’est un minimum vital, un minimum de ressources auquel chaque personne a besoin pour subvenir à ses besoins primaires, toutes les autres ressources viennent en déduction de l’allocation versée, les allocations familiales ne s’ajoutent pas à l’allocation RSA, elles viennent la réduire !

Enfin, le dispositif d’insertion du RSA prévoit déjà des obligations d’accompagnement et de suivi des bénéficiaires liées à la perception du RSA, non pour contraindre mais bien pour aider ces publics : soit par une mise en dynamique d’insertion professionnelle en élaborant un projet professionnel et/ou de formation, soit par un accompagnement dans des démarches de soins, d’accès au logement ou dans les démarches administratives… J’insiste sur ce point car aucun média ne prend le temps d’expliciter ce dispositif favorisant ainsi la stigmatisation de personnes qui vivraient bien sans travailler…

Dans le même sens, la fraude ne représente qu’1 à 2% du total, et ces montants sont ridicules au regard de la fraude et de l’évasion fiscales opérées par les vrais nantis de notre pays, les banksters et autres actionnaires…

A celles et ceux qui dénoncent le travail clandestin que réaliseraient les bénéficiaires de minima sociaux, je leur rappellerais que pour qu’il y ait travailleurs clandestins, il faut d’abord qu’il y ait un employeur, qui préfèrent « payer au black » que faire signer un contrat de travail que la grande majorité de ces demandeurs d’emploi préfèreraient signer !

 

Pour mieux favoriser les vrais nantis de notre pays, ce gouvernement joue de la division entre nos concitoyens : salariés du public contre ceux du privé, privés d’emploi contre précaires… alors même que leur condition sociale les rassemble, celle du précariat dans notre emploi, dans notre logement, dans notre vie quotidienne !

Face à cette logique destructrice, nous devons réaffirmer la primauté du salaire, comme seule rémunération du travail, du contrat de travail à durée indéterminée comme garantie de pouvoir construire sa vie tant personnelle que professionnelle, en limitant dans les entreprises l’utilisation aux contrats précaires (interim, CDD…).

Et bien évidemment, nous devons procéder à la hausse des salaires et en premier lieu du SMIC, car le problème n’est pas que les minima sociaux seraient trop élevés mais bien que les salaires sont aujourd’hui trop faibles pour vivre dignement de son travail.

Dans ce sens, la proposition du Front de Gauche d’instaurer un salaire maximum créerait un cercle vertueux : en effet, à chaque fois, qu’un dirigeant s’augmenterait son salaire, il serait aussi contraint d’augmenter celui des salarié-e-s les moins payé-e-s. Nous nous appuyons sur la proposition de la Confédération Européenne des syndicats qui propose que le plus haut salaire d’une entreprise ne pourra percevoir plus de 20 fois le salaire le plus faible… alors même qu’aujourd’hui, les plus hauts salaires dans nombre d’entreprises sont plus de 300 fois supérieur aux plus faibles…

Cela peut se mettre en place par la loi, ce n’est pas utopique ! La preuve, la loi réglemente déjà les structures de l’Economie Sociale et Solidaire (ESS) qui sont contraintes à limiter les écarts de salaires, non pas à 20, mais seulement 5 .

Cette autre politique est possible mais, à l’aube d’échéances politiques déterminantes pour notre avenir, elle ne pourra se réaliser sans la mobilisation de chacune et chacun. Face aux tentatives de divisions du gouvernement, nous nous devons de rassembler et d’unir le peuple dans sa légitime aspiration à simplement vivre digne et heureux.

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Nadine 05/07/2011 21:06


L'heure est au rassemblement, à l'union !

«Il n'y a que ceux qui sont dans les batailles qui gagnent.»
[ Louis Antoine de Saint-Just ]


David 05/07/2011 20:59


Qu'ils partagent ou qu'ils dégagent !