Un été sans relâche !

Publié le par Luc LEANDRI

Après des campagnes municipales et européennes harassantes, sur le terrain, à la rencontre de nos concitoyen-ne-s, un repos salutaire était attendu pour chaque militant de l’opposition de gauche et de la révolution citoyenne. Pause nécessaire pour reprendre des forces, ou simplement retrouver le cours de sa vie d’être humain, prendre du temps avec les membres de sa famille, revoir des amis, se réjouir collectivement des joies simples ou des heureuses nouvelles…

Mais cet été, loin de sa torpeur habituelle, se révèle particulièrement « chaud » tant sur le plan social, qu’international… et ne laisse aucun répit aux militant-e-s de l’Humain d’Abord !

La preuve en est par mes premiers jours de congés (professionnels) qui m’auront permis, ici et là, en Région PACA, de soutenir mes camarades au sein des mouvements sociaux, de réunions publiques sur l’austérité ou la contre-réforme territoriale, et de manifester en solidarité avec le peuple palestinien.

 

Avec les intermittents, pour le salariat contre le MEDEF !

Cela commence en Avignon, en ce samedi 12 juillet, où les intermittents du spectacle,  toujours particulièrement mobilisés contre l’inique nouvel accord UNEDIC initié par le MEDEF et honteusement validé par le gouvernement.

Cet accord qui s’applique depuis le 1er juillet 2014, augmente les contributions sociales des salarié-e-s, ce qui génèrera une baisse concrète de leur salaire de 0,8% en moyenne. Outre cette baisse nette de salaire, et donc de pouvoir d’achat, s’ajoute l’augmentation du différé d’indemnisation pour tous les salaires et notamment les plus faibles, alors qu’il était nul auparavant.

Mais la lutte des intermittents a une toute autre ampleur et importance : c’est la lutte contre la précarité mais aussi de tous et pour tous les salarié-e-s. En effet, lorsque le patronat s’attaque à un statut salarié spécifique, sa volonté est celle de remettre en cause l’ensemble des droits des salariés. Preuve en est les déclarations du patron du MEDEF, Pierre GATTAZ, le 21 juillet dernier qui annonce nécessaire une "douzaine de " mesures turbo " pour générer de l'emploi rapidement" ; tout y passe : les seuils sociaux, la levée de l'interdiction du travail le dimanche et après 21 heures, le niveau du smic qui doit pouvoir être discuté avec les partenaires sociaux, pour que les populations très éloignées de l'emploi - 1 million de chômeurs n'ont pas vu une entreprise depuis deux ans au moins - puissent retrouver un travail… Comprenez limitation des droits sociaux pour les salariés, travail soir et dimanche généralisé sans compensation, et emploi à 1€ de l’heure comme en Allemagne !

La logique pour le MEDEF est simple : une fois les intermittents passés par dessus-bord, c’est le reste du salariat qui est en ligne de mire ! Notre solidarité, notre soutien, notre résistance aux côtés des intermittents doit être sans faille !IMG 2744

C’est le sens de la mobilisation du PG avignonais autour de Thomas Pizard, qui avec ses camarades, a organisé un cortège FdG et un tract spécifique pour expliquer aux nombreux festivaliers le sens de la lutte des intermittents. De l’éducation populaire au cœur des luttes ! Et ce fut un plaisir de manifester à leurs côtés et d’échanger avec de nombreuses personnes pour expliquer les raisons et les enjeux du mouvement.

 

Quelques jours plus tard, j’étais avec des camarades syndicalistes CGT, du PG et du PCF de l’aire toulonnaise sur les marches du palais de Justice pour soutenir un délégué syndical CGT de l’entreprise de transports publics urbains RMTT poursuivi par son employeur pour diffamation pour avoir dénoncé dans la presse le refus de mise en œuvre de mesures de sécurité à destination des salariés actés par le CHSCT de l’entreprise.

Toujours la criminalisation syndicale à l’œuvre pour dissuader les salariés de lutter pour leurs droits ! Malheureusement pour le camarade délégué syndical, l’audience a encore été remise… au 22 septembre prochain, et nous serons encore là à ses côtés !

 

De Marseille au Cannet, de réunions publiques en débats

Dimanche 13 juillet, direction Marseille, invité par mes camarades communistes Audrey GARINO et Christian PELLICANI, pour la fête populaire de la section du 7ème arrondissement de la capitale régionale et du quartier d’Endoume et un débat sur les alternatives à l’austérité et des exemples concrets des luttes et victoires du groupe Front de Gauche à la Région comme l’extension de la tarification sociale dans la restauration scolaire de nos lycées. Ainsi, à la rentrée 2014, après les familles boursières, c’est désormais l’ensemble des bénéficiaires de l’Allocation de Rentrée Scolaire (ARS), soit près de 40.000 familles en PACA qui vont bénéficier d’une réduction de 25% du coût de la cantine pour leurs enfants.

La présence de notre camarade Frédéric ALPOZZO, leader CGT des marins de la SNCM donnait un sens particulier à ce débat.  En effet, après plus de 15 jours de grève, les salariés de la SNCM ont obtenu un ultime un moratoire de plusieurs mois, excluant dans l’immédiat une procédure de redressement judiciaire pour la compagnie maritime en difficulté. La SNCM est malheureusement un parfait exemple des conséquences terribles de la libéralisation de nos services publics, tant en terme d’emploi qu’en perte de qualité de service pour les usagers devenus clients… Mais j’y reviendrai dans une prochaine note de blog.

 

Quelques jours plus tard, j’étais invité, à l’initiative de ma camarade Madeleine SINTES, par la section PCF du Cannet (06), pour leur fête annuelle organisée de main de maître par Jacques BERNASCONI pour un débat autour de la contre-réforme territoriale de HOLLANDE. Il est remarquable de relever que notre partenaire communiste est bien la seule organisation politique à être encore capable d’organiser des fêtes populaires mêlant débat politique, éducation populaire et moments festifs musicaux et culturels : outre l’incontournable fête de l’Humanité, nous connaissons de beaux rendez-vous en PACA avec notamment la fête du Château (06) qui a rassemblé plus de 5.000 personnes encore cette année ou dans les Bouches du Rhône, la fête de Fabregoules.

Le débat autour de la contre-réforme territoriale sonnait la mobilisation pour la rentrée contre ce texte qui remet en cause les fondements de notre République Une et Indivisible comme le proclamait le montagnard Couthon, dès le 25 septembre 1792.

IMG 2795Nous partagions, avec mes camarades Jacques VICTOR, conseiller général communiste (06) et Gérard PIEL, le président du Groupe FdG à la Région, une analyse commune sur la remise en cause de la démocratie de proximité mais surtout l’éviction du peuple des orientations politiques par les nouveaux « monstres » technocratiques régionaux et métropolitains mis en place par la loi au débat au Parlement.

Et j’ajoutais un point tout aussi fondamental, à mon sens, la remise en cause de l’égalité républicaine sur le territoire national puisque les régions seraient dotés d’un pouvoir réglementaire permettant d’adapter la loi aux « besoins ou particularités » des territoires. Comprenez selon votre lieu d’habitation, votre accès aux droits sera différencié ! La fin de l’égalité républicaine mais aussi une remise en cause de la souveraineté populaire puisque seul le Parlement dispose – par délégation – de la souveraineté du peuple réuni pour édicter des lois en son nom !

 

Soutenir le peuple palestinien

Depuis plusieurs jours, d’abord par des bombardements aveugles et maintenant par l’intervention militaire au sol, le gouvernement israélien cherche une nouvelle fois à briser la résistance du peuple palestinien face à la colonisation, à l'apartheid, au blocus, à l'arbitraire dont il est victime. L’intervention militaire de l’armée israélienne est absolument scandaleuse, insupportable et terrible par le bilan humain en morts et blessés qu’elle génère chaque jour.

Il est indispensable que l’opinion publique mondiale se mobilise pour que cesse cet acharnement sur la population de la part de l'état colonial et, en France, obliger le gouvernement français à prendre des sanctions fortes et contraignantes vis-à-vis du gouvernement israélien.IMG 2797

Aussi, il était évident pour mes camarades et moi-même de prendre part dimanche 20 juillet, à un rassemblement de soutien au peuple palestinien organisé à Toulon. Mais ce dernier n’était à l’initiative d’aucune organisation progressiste, mais de jeunes issus de nos quartiers populaires, qui – spontanément – auraient mobilisé via le net. Et nous nous sommes retrouvés plusieurs centaines – fait rare à Toulon pour ce type de rassemblement – sur la Place de la Liberté. Le rassemblement s’est alors mu en manifestation, à laquelle je n’ai pas pris part. Car outre l’absence de service d’ordre ne serait-ce que pour sécuriser une foule essentiellement constituée de jeunes adolescents et adultes, je ne pouvais cautionner qu’elle soit menée par un imam…

Les religions quelles qu’elles soient n’ont pas leur place sur la place publique ; d’autant plus dans ce conflit ! Car il faut sans cesse rappeler que l’Etat Palestinien de Yasser Arafat est d’abord et avant tout laïque et que c’est bien la question religieuse, qui, dans cette région du monde, est source de tant de conflits.

Depuis ce 1er rassemblement toulonnais, d’autres ont eu lieu mercredi et encore ce samedi…

 

Un seul mot d’ordre pour cet été : quelque soit les combats et les luttes, on ne lâche rien et on tient la tranchée !

Le différé d'indemnisation est le nombre de jours retardant le versement de la première allocation, calculé à partir des salaires perçus et des heures effectuées. Pour info, il existe également un délai d'attente de 7 jours et un différé d'indemnisation spécifique qui peuvent s'y ajouter.

Je vous conseille vivement la lecture estivale de l’opus de la collection politique à Gauche de mon camarade François COCQ (avec Francis DASPE) qui s’intitule : « Hollande, La République pour cible ».

Publié dans Chroniques

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